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LE CONTE DE NOEL

 

Quand nous restons de grands enfants... Nous avons partagé ce conte dans la dernière LETTRE DE L'UTP de Janvier 2014 ! Bien que la période de Noël soit largement passée, ce conte conserve toute sa moralité.... A vous d'en juger !

 

Valérie et le téléphone

 

Valérie est raisonnable. Elle est rentrée seule chez elle le soir après la classe. Elle étudie ses leçons et fait ses devoirs en attendant le retour de ses parents.

Ce soir elle marche lentement car elle n’a ni leçons ni devoirs. Elle s’attarde un peu devant les vitrines de Noël, admire les guirlandes lumineuses suspendues au milieu de la rue d’une maison à l’autre et s’émerveille devant les Père Noël et les sapins illuminés. Chez elle, elle ne sait que faire ; elle n’a pas envie de jouer et elle sait qu’aucune lecture ne l’intéressera. Elle ère d’une pièce à l’autre, entre dans le bureau de son père où, sans même y penser, elle décroche le téléphone et compose au hasard un numéro d’appel. Quand elle entend une voix dans l’écouteur, elle raccroche. Elle fait cela plusieurs fois. Ca ne l’amuse pas particulièrement mais ça lui fait passer le temps : voix d’homme… voix de femme… voix de femme… voix d’homme…

Elle imagine tous ces gens qu’elle ne voit pas et qu’elle ne connaît pas.

Elle repose l’appareil une fois de plus quand la sonnerie retentit. Elle hésite un peu puis décroche. « Allo » répond une voix très grave et un peu cassée. – « Ici c’est Valérie. Qui êtes-vous ? » Un silence, puis la voix répond : « Je suis le Père Noël. » - « Le Père

Noël ? Quelle blague ! » - « Mais non Valérie, ce n’est pas une blague. Je suis le Père Noël et tu me déranges alors que j’ai énormément de travail. » - « Du travail ? » reprend Valérie ironiquement, « Mais que faites vous comme travail ? » - « Tu le sais bien ma petite, à cette époque de l’année je prépare ma prochaine tournée sur la terre…mais c’est de plus en plus difficile. » Valérie, toujours incrédule, demande : « Comment se fait-il que votre tournée soit plus difficile ? C’est parce qu’il y a davantage d’enfants ? » - « Oh non ! Certainement pas… C’est à cause de l’encombrement causé par les grands...!

Vois-tu Valérie, quand j’approche de la terre il faut que je fasse bien attention ; c’est la cohue : des spoutniks, des mariners, des géminis, des voskhods, des apollos, des satellites espions, des satellites laboratoires ; et des rapides et des lents, avec des astonautes avec des cosmonautes… » - « Oui, mais plus bas, c’est plus tranquille. » - « Ah ! parle m’en ! Plus bas ce sont les avions, des plus gros aux plus petits : des boeings, des tupolews, des concorde, des airbus, des drones… » - « Si je comprends bien, dit Valérie, ce n’est qu’en approchant de la terre, au-dessous des satellites et des avions que vous êtes enfin tranquille. » - « Non, c’est pire ! Crois-tu que j’ai l’habitude de respirer cet air chargé de fumées, de produits chimiques et de toutes ces retombées qui vous empoisonnent tous petit à petit ?

… Autrefois, l’air était pur et transparent, il sentait bon. » - « Dites Père Noël, il y a longtemps que vous faites ce métier ? » - « Ce n’est pas un métier mon enfant ; c’est un acte d’amour, le seul acte d’amour universel qu’il vous reste encore… S’il y a longtemps que je fais cela ? Oh ! oui, il y a bien longtemps… à peu près deux mille ans… Ah ! ce premier voyage ! J’étrennais un bel astronef tout neuf qui ressemblait à une étoile. Je n’apportais pas de jouets mais c’était beaucoup mieux. J’apportais à un petit qui allait naître son âme d’enfant, son grand message d’amour et de paix. J’ai guidé vers lui tous ceux qui ont bien voulu me voir… » La voix s’est tue. Osant à peine rompre le silence, Valérie murmure : « Et puis ? » - « Et puis, le message de cet enfant été mal compris, trahi, oublié ! ... En souvenir de lui et pour tous ceux qui ont le coeur assez neuf pour essayer de le comprendre, je refais chaque année ce même voyage. Je ne m’intéresse qu’aux enfants, comme il s’y est intéressé lui-même.

Valérie est émue. – « Si je comprends bien, il faudrait que la terre soit peuplée d’enfants qui ne grandissent jamais. » - « Tu sais, ce n’est pas la taille, ni l’âge qui comptent. » Une idée, tout à coup, surgit dans l’esprit de Valérie : « Mais alors, Père Noël, tout peut s’arranger ! Ne vous embarrassez pas de jouets pour venir sur la terre. Remplissez vos caisses avec vos âmes d’enfants et distribuez les à tous les hommes. » - « Tu as raison Valérie, c’est peut-être la solution, mais je ne suis pas le patron et je ne peux rien te promettre. Plus tard je te tiendrai au courant. » Valérie s’apprête à remercier le Père Noël mais un déclic lui annonce qu’il a raccroché le téléphone.

Valérie est heureuse. Il lui semble que grâce à sa conversation avec le Père Noël le monde va changer et que tous les gens seront bientôt aussi heureux que ce qu’elle l’est en ce moment. Malgré le froid, elle ouvre la fenêtre et, du balcon, elle voit que tous les passants ont un visage gai, paisible et rassurant. Fait plus surprenant encore, quand plus tard son père rentre de son travail, Valérie découvre qu’en le regardant, il a les yeux d’un homme infiniment heureux, avec au coin des lèvres un petit sourire complice.

 

Charly SAMSON

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Extrait de la Lettre de L'UTP n°5

Extrait de la Lettre de L'UTP n°5

Tag(s) : #Article Lettre UTP, #Charly SAMSON

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